Un parcours construit marche après marche

Native de La Rochelle, Hélène Brun découvre la prothèse dentaire presque par hasard, lors d’un stage chez un ami de la famille. Le déclic est immédiat : « cela m’a tout de suite plu », se souvient-elle. Elle obtient son CAP de prothésiste dentaire à Saint-Sébastien-sur-Loire en 1996, puis poursuit en apprentissage pour décrocher son BTM à Orléans en 1999, chez Xavier Mary.

Cette même année, elle intègre le laboratoire de Michel Moinard, lui-même Meilleur Ouvrier de France (promotion 1997). Elle restera 27 ans au sein du laboratoire Moinard puis Moinard-Crozet, complétant sa formation par un CPES Céramique et Occlusion en 2015.

Cette longévité n’est pas un hasard. Elle raconte une progression patiente, sans coup d’éclat. « Je ne me suis pas réveillée un matin en me disant que j’allais viser l’excellence, je pense que c’était en moi », explique-t-elle. « Je travaille au quotidien en essayant de toujours m’améliorer et de donner le meilleur. J’ai gravi petit à petit les échelons jusqu’au jour où j’ai pensé que c’était le bon moment pour me lancer dans l’aventure du concours. »

Dans cette trajectoire, une rencontre a compté plus que les autres. Michel Moinard (MOF), son mentor, l’a formée au quotidien pendant près de trois décennies. « Il a su me pousser et m’épauler pour m’aider à devenir ce que je suis aujourd’hui », reconnaît-elle. C’est aussi à ses côtés qu’elle a pris conscience de la portée de son métier : « Notre métier est important pour la santé des gens, et donc de notre responsabilité envers eux. Nous sommes au cœur, avec les chirurgiens-dentistes, de la santé bucco-dentaire. »

Le concours MOF : une épreuve de résilience

Obtenir le titre de « Un des Meilleurs Ouvriers de France » ne s’improvise pas. Les qualifications d’Hélène Brun se sont tenues en décembre 2021. Trois mois plus tard, elle recevait les sujets et les modèles. Deux travaux étaient attendus : un cas particulièrement complexe, à réaliser sur près d’un an, et un second, plus « simple », à exécuter en loge le jour du concours.

Le premier sujet donne la mesure de l’exigence : une réhabilitation complète maxillo-mandibulaire. Bridge zircone stratifié, couronnes en disilicate stratifiées, couronne céramo-métallique sur inlay-core à clavette, méso-structure coulée et fraisée avec fausse gencive céramique, couronnes télescopes, barre implantaire supportant une supra-structure en PEEK avec dents stratifiées en composite polychromique… Une somme de techniques, avec une contrainte majeure : la CFAO n’était autorisée que pour les armatures zircone et le PEEK. Tout le reste devait être réalisé de façon traditionnelle.

Un tel engagement laisse des traces. « On se remet perpétuellement en question et il faut faire preuve de beaucoup d’abnégation, de pugnacité », confie-t-elle. « Il y a de nombreux moments de doute lorsque l’on passe des heures sur ses travaux et qu’au final, on les refait plusieurs fois avant d’être satisfaite. C’est épuisant moralement et physiquement. » Sa conclusion tient en un mot : « Cette épreuve m’a appris la résilience. »

Le titre, lui, dépasse la simple distinction. « C’est une immense fierté, un aboutissement à toutes ces années de travail, avec la reconnaissance de mes pairs. »

Meilleur Ouvrier de France distinction Hélène Brun
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Une signature : l'intégration parfaite

Interrogée sur ce qui distingue une belle prothèse d’une prothèse véritablement naturelle, Hélène Brun répond sans hésitation : « Son intégration, son invisibilité. » C’est là toute la subtilité de son art. Contrairement à une idée reçue, la difficulté ne se loge pas toujours dans les cas les plus spectaculaires. « Une teinte simple peut parfois s’avérer plus difficile à réaliser et à intégrer qu’une dent très structurée », rappelle-t-elle. Chaque morphologie, chaque cas comporte son lot de défis.

Sa philosophie du métier se résume dans une formule : technique et sens artistique sont indissociables. L’un ne va pas sans l’autre, et c’est précisément cet équilibre que le secteur excellence entend mettre au service des praticiens.

Cas prothétique Hélène Brun
Cas prothétique Hélène Brun
Cas prothétique Hélène Brun
Cas prothétique Hélène Brun
Cas prothétique Hélène Brun
Cas prothétique Hélène Brun
Cas prothétique Hélène Brun
Cas prothétique Hélène Brun
Cas prothétique Hélène Brun

Ce que son arrivée change pour les cabinets

Si Hélène Brun a été séduite par le projet du laboratoire Da Horta, membre du réseau Chronos Dental, c’est parce qu’elle y a retrouvé cet équilibre qui lui est cher : « Le laboratoire a su garder le côté traditionnel tout en étant à la pointe de la technologie. Les deux secteurs sont bien équilibrés, ils permettent de répondre à l’évolution de notre métier et aux attentes des praticiens. »

Pour les cabinets qui confient leurs cas au laboratoire, sa présence constitue un gage de qualité supplémentaire, dans un contexte qu’elle observe avec lucidité : « surtout dans une période où le marché est submergé de prothèses d’exportation ». Concrètement, cela se traduit par une esthétique maîtrisée jusque dans le moindre détail, une précision qui garantit une adaptation clinique parfaite, et un temps précieux gagné au fauteuil.

Sa vision de la collaboration est claire : celle d’un travail d’équipe. « Le praticien pourra faire la plus belle préparation, si ensuite la prothèse n’est pas adaptée, le résultat final ne sera pas acceptable. Et inversement. » Impératifs cliniques d’un côté, impératifs techniques de l’autre : la réussite tient dans la communication et l’écoute entre les deux professions, au service d’un seul objectif, redonner le sourire au patient et restaurer sa fonction masticatoire.

Un regard sur l'avenir du métier

Le numérique ? Hélène Brun ne le rejette pas — au contraire. « Le flux digital est devenu un outil indispensable au sein des cabinets et des laboratoires. » Mais elle pose une limite : ces outils « doivent rester des supports et ne pas supplanter notre savoir-faire ». Technologie et travail manuel, pour elle, sont complémentaires.

C’est aussi le sens de son conseil aux jeunes qui débutent : « Beaucoup rentrent dans la prothèse en pensant au numérique, mais il ne faut pas oublier que le côté manuel est très important si l’on veut devenir un bon prothésiste. L’apprentissage de la pratique est primordial avant de les mettre devant un ordinateur. »

En rejoignant Da Horta, Hélène Brun n’apporte pas seulement un titre. Elle apporte une exigence, une culture du geste et une conviction : celle que l’excellence se transmet, cas après cas.

Vous souhaitez sublimer vos prochains cas prothétiques dès la rentrée ?
Contactez dès aujourd'hui le laboratoire Da Horta, à Pau !

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